{"id":2219,"date":"2018-08-06T10:05:32","date_gmt":"2018-08-06T10:05:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.robsweebe.com\/het-gemis-van-de-penseelstreek-en\/"},"modified":"2018-11-21T11:23:30","modified_gmt":"2018-11-21T09:23:30","slug":"het-gemis-van-de-penseelstreek-en","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.robsweebe.com\/fr\/het-gemis-van-de-penseelstreek-en\/","title":{"rendered":"Het gemis van de penseelstreek"},"content":{"rendered":"<h2>LE COUP DE PINCEAU MANQUANT<\/h2>\n<div class=\"is-divider divider clearfix\" style=\"margin-top:2.5em;margin-bottom:2.5em;height:0px;\"><\/div>\n<div class=\"row\"  id=\"row-1818432035\">\n\n\t<div id=\"col-1215624613\" class=\"col medium-7 small-12 large-7\"  >\n\t\t\t\t<div class=\"col-inner\"  >\n\t\t\t\n\t\t\t\n<p class=\"brown\"><em>Premiers pas dans la photographie non commerciale apr\u00e8s une longue carri\u00e8re \u00e0 son compte dans la photo de reportage, la photographie commerciale et la publicit\u00e9. Fort de sa formation pouss\u00e9e, Rob Sweebe expose d\u00e9sormais publiquement ses \u0153uvres et pr\u00e9voit de publier un livre de photo. \u00ab Je n\u2019ai pas peur de glisser du moment que celui qui regarde sait d&rsquo;o\u00f9 je viens. C\u2019est une chose \u00e0 laquelle je pense souvent.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p>N\u00e9 en Indon\u00e9sie, Rob Sweebe est arriv\u00e9 aux Pays-Bas avec ses parents en 1960. Apr\u00e8s des \u00e9tudes secondaires \u00e0 Weert, il est entr\u00e9 \u00e0 l\u2019universit\u00e9 \u00e0 Tilbourg (dipl\u00f4me universitaire, Dessin). Il a ensuite \u00e9tudi\u00e9 la Photographie \u00e0 l\u2019\u00e9cole d\u2019art de Breda, puis en troisi\u00e8me ann\u00e9e, il a rejoint le lyc\u00e9e technique de photo (Photo Technical College), dont il dira \u00ab ce qui m\u2019avait manqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole d&rsquo;art, c\u2019est l\u00e0 que je l\u2019ai trouv\u00e9 \u00bb, et obtenu son dipl\u00f4me professionnel de photographie.<\/p>\n<p>Il a ensuite d\u00e9marr\u00e9 imm\u00e9diatement son activit\u00e9 : sp\u00e9cialis\u00e9 dans les portraits et les photographies de mariage, puis ult\u00e9rieurement dans la publicit\u00e9 et les reportages \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Parall\u00e8lement \u00e0 ses travaux professionnels, la photographie non commerciale a toujours \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente, et il a toujours cherch\u00e9 \u00e0 faire des rencontres amicales dans les r\u00e9seaux non-professionnels. Il a notamment \u00e9chang\u00e9 avec Fred Hazelhoff, en vue d\u2019\u00eatre publi\u00e9 dans Foto (Photo), lequel lui a dispens\u00e9 de pr\u00e9cieux conseils. C\u2019\u00e9tait les ann\u00e9es 70 : le temps des gros grains, des retouches de pellicules dans le r\u00e9v\u00e9lateur, etc.<\/p>\n<p> \u00ab J\u2019\u00e9tais en qu\u00eate d\u2019un mentor ou quelque chose comme \u00e7a. Hazelhoff m\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u2019une aide consid\u00e9rable. Il m\u2019a conseill\u00e9 de moins \u00ab crier \u00bb pour \u00ab murmurer \u00bb davantage et d\u2019attendre un peu avant de rendre mes \u0153uvres publiques. C\u2019\u00e9tait il y a tr\u00e8s longtemps, mais ce fut tr\u00e8s utile. Mais aujourd\u2019hui, je sens que c\u2019est le bon moment.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p> Il y a cinq ans, il a ferm\u00e9 son entreprise \u00e0 Eindhoven pour se consacrer \u00e0 la photographie non commerciale, en privil\u00e9giant les th\u00e8mes qui le fascinent. Il accepte \u00e9galement des missions en freelance.<\/p>\n<p>\u00ab Je fais mon travail, je ne lis plus trop les magazines, je ne me m\u00e9lange pas avec le monde de l\u2019art, je fais ce que j\u2019ai \u00e0 faire. Le monde commercial s\u2019est beaucoup int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 mon travail et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 donner des pr\u00e9sentations et \u00e0 exposer aupr\u00e8s de cercles plus informels. Depuis mes \u00e9tudes, un m\u00eame th\u00e8me sous-tend mon travail : mon th\u00e8me, c\u2019est le d\u00e9clin. Pas juste la dilapidation, les mat\u00e9riaux qui p\u00e9rissent ou encore l\u2019apparition des graffitis. Ce qui me pr\u00e9occupe surtout, c\u2019est la disparition de l\u2019individualit\u00e9 dans l\u2019environnement, l\u2019inexorable progression de l\u2019uniformit\u00e9. Le sentiment d\u2019impuissance que cela me fait ressentir.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Je recherchais des symboles \u00e0 cet \u00e9gard comme lorsque l\u2019on d\u00e9tecte en une fraction de seconde l\u2019expression sur le visage d\u2019une personne ou dans la d\u00e9solation d\u2019un paysage avec des arbres morts sur fond de nuages sombres. Je suis parfois all\u00e9 loin, comme beaucoup \u00e0 cette \u00e9poque. Mais il y a deux ans, j\u2019ai tri\u00e9 mes archives de photos non commerciales et j\u2019ai num\u00e9ris\u00e9 ce qui me paraissait le plus important. Cela a donn\u00e9 plusieurs s\u00e9ries courtes, sur lesquelles je continue de travailler et qui forment la base du concept d\u2019un livre de photo. Je leur ai donn\u00e9 des titres comme Writings On The Wall, Helpless, River County, etc. L\u2019id\u00e9e du d\u00e9clin telle que je l\u2019exp\u00e9rimente demeure, m\u00eame si d\u2019autres th\u00e8mes m\u2019int\u00e9ressent. Num\u00e9riquement, je peux combiner des images et cela m\u2019a conduit \u00e0 un type de photographie auquel je n\u2019avais jamais eu recours jusque-l\u00e0 dans mon \u0153uvre non commerciale : des photos en studio et mises en sc\u00e8ne. Dans la s\u00e9rie Helpless, par exemple, j\u2019utilise des images r\u00e9centes et anciennes : le mod\u00e8le de nu ne s\u2019est jamais trouv\u00e9 dans ce b\u00e2timent \u00e0 l\u2019abandon. Est-ce d\u00e9cevant ? Je cherche une image qui puisse symboliser quelque chose, qui illustre mon th\u00e8me. Et puis, cela fait sens d\u2019utiliser la retouche informatique. L\u2019id\u00e9e me taraudait depuis un moment, mais avec l\u2019analogique, ce n\u2019\u00e9tait tout simplement pas possible d\u2019exprimer le vide et la tristesse.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Et m\u00eame si j\u2019appr\u00e9cie l\u2019impression num\u00e9rique, il manque quelque chose par rapport aux clich\u00e9s photo analogiques. Il manque la chambre noire. La photo num\u00e9rique, c\u2019est tr\u00e8s bien, mais cela manque parfois d\u2019approximation ici et l\u00e0. C\u2019est ce que j\u2019appelle le \u00ab coup de pinceau manquant \u00bb. Cette touche vitale d\u2019imperfection me manque. En peinture, les anciens ma\u00eetres hollandais savaient comment exploiter l\u2019absence de d\u00e9tail dans les ombres.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab J\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 lors de mes vir\u00e9es \u00e0 v\u00e9lo dans la r\u00e9gion par la diversit\u00e9 des paysages des grandes rivi\u00e8res. Les berges de l\u2019IJssel, du Rhin, de Linge, de la Meuse et de Waal ont chacune quelque chose d\u2019unique. Il y a toujours ces coins \u00ab oubli\u00e9s \u00bb, o\u00f9 tout demeure inchang\u00e9. Je rep\u00e8re aussi les jardins et les fa\u00e7ades des maisons qui disent tant sur leurs occupants. A l\u2019\u00e9cole d\u2019art, j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 compris ceci : ne cesse jamais d\u2019observer, il y a plus \u00e0 voir qu\u2019avec tes deux yeux.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p> Son habitat, ce sont les abords de son village de Bemmel, entre Arnhem et Nim\u00e8gue.<\/p>\n<p>\u00ab J\u2019essaie de documenter cette individualit\u00e9, je ne me nouris pas de la nostalgie, mais davantage de la prise de conscience que tout ceci va bient\u00f4t dispara\u00eetre. Arnhem et Nim\u00e8gue continuent de se d\u00e9velopper pour former une grande ville. Elles absorbent progressivement les villages alentour si bien que la campagne si caract\u00e9ristique de la Betuwe est en train de dispara\u00eetre.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab On ne retrouve plus ici le type de b\u00e2timents \u00e0 l\u2019abandon que j\u2019utilisais dans les ann\u00e9es 70, ni ailleurs aux Pays-Bas. \u00c7a n\u2019a pas besoin d\u2019\u00eatre spectaculaire, mais j\u2019ai toujours besoin de leur atmosph\u00e8re. Je recherche donc des immeubles en ruines dans l\u2019ancienne Allemagne de l\u2019est, dans la campagne fran\u00e7aise et en Sicile. En arri\u00e8re-plan surtout et pour cr\u00e9er une ambiance : c\u2019est l\u00e0 tout mon th\u00e8me. J\u2019ai parcouru le monde entier, mais il est bien ici. Tout au long de sa vie, Rembrandt ne s\u2019est jamais \u00e9loign\u00e9 de sa ville natale d\u2019Amsterdam plus loin qu\u2019Utrecht ou Leyde [dans un rayon de 40 km]. Pourtant son \u0153uvre est extr\u00eamement exotique ; il y avait comme un globe-trotter en lui. J\u2019aimerais tout de m\u00eame retourner en Espagne faire des photos, mais mon ancrage est ici. C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 form\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Aux d\u00e9buts, je travaillais toujours avec un cahier des charges tr\u00e8s strict. Le directeur artistique nous donnait une transparence \u00e0 placer sur le verre d\u00e9poli, et il n\u2019y avait plus qu\u2019\u00e0 photographier. Aujourd\u2019hui, on vend plus une id\u00e9e qu\u2019un simple produit tangible. Pour son id\u00e9e, le client recherche un type sp\u00e9cifique de photographe, qu\u2019il choisit pour sa vision ou son style. C\u2019est quelque chose qu\u2019il m\u2019a rarement \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 d\u2019exp\u00e9rimenter dans mes travaux commerciaux, et plus du tout aujourd\u2019hui.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Son \u0153uvre commerciale actuelle se limite \u00e0 photographier du mobilier de bureau pour un journal professionnel, dans le showroom, sans \u00e9clairage suppl\u00e9mentaire. Cela paye bien, mais les photos non commerciales sont plus gratifiantes.<\/ p><\/p>\n<p>\u00ab Parfois, le client adh\u00e8re consciemment \u00e0 un nom mais attend du photographe qu\u2019il fasse quelque chose qui ne s\u2019inscrit pas totalement dans son style, alors les choses se passent mal. C\u2019est mieux si vous pouvez rester fid\u00e8le \u00e0 vous-m\u00eame, d\u2019o\u00f9 mon admiration pour des coll\u00e8gues comme Erwin Olaf. C\u2019est formidable sa fa\u00e7on d\u2019exprimer l\u2019essence m\u00eame d\u2019une id\u00e9e pour la d\u00e9peindre. Il en va de m\u00eame pour Ed van der Elsken, pour Anton Corbijn. Ils adorent leur travail et sont \u00e9motionnellement engag\u00e9s. La description du contrat est bien plus large et imaginative. Il doit y avoir un m\u00eame niveau de r\u00e9flexion de la part du client et du photographe. La communication est essentielle, car il faut susciter l\u2019attention de celui qui regarde. On ne nous formait pas \u00e0 cela par le pass\u00e9. A pr\u00e9sent, le photographe se voit comme un outil, il devient compl\u00e8tement absorb\u00e9 dans le processus. Le photographe doit \u00eatre un catalyseur, il doit trouver le juste \u00e9quilibre entre les r\u00f4les jou\u00e9s par le client, le photographe et le public.&nbsp;\u00bb<\/ P><\/p>\n<p>Dans ma propre \u0153uvre non commerciale, je souhaite pouvoir suivre mes propres id\u00e9es, rester authentique avec moi-m\u00eame, repousser mes limites et r\u00e9v\u00e9ler qui je suis. J\u2019ai le sentiment d\u2019\u00eatre lib\u00e9r\u00e9 apr\u00e8s toute cette effervescence commerciale. A un moment, je pense que je vais recommencer \u00e0 dessiner et \u00e0 peindre, des activit\u00e9s qui me passionnent tout autant.<\/ p><\/p>\n<p>\u00ab Apr\u00e8s plusieurs tentatives \u00e0 petite \u00e9chelle, j\u2019ai l\u2019intention d\u2019organiser une exposition avec plus grande visibilit\u00e9. Ce sera d\u00e8s janvier 2004, dans la Park Gallery du th\u00e9\u00e2tre de Hoorn.&nbsp;\u00bb<\/ p><\/p>\n<p>\u00ab Je vois \u00e7a comme un d\u00e9but et je vais le faire de tout mon c\u0153ur, with all my heart (qui se trouve \u00eatre le titre de l\u2019exposition). Le public voit beaucoup de photos, mais il n\u2019a pas tant que \u00e7a l\u2019habitude de regarder des photographies isol\u00e9es, autonomes. Je pense que mon \u0153uvre trouvera sa place dans le d\u00e9cor d\u2019un th\u00e9\u00e2tre, qui n\u2019attire pas le public habituel mais des gens aux int\u00e9r\u00eats culturels plus larges.&nbsp;\u00bb<\/ p><\/p>\n<p>\u00ab Je n\u2019ai pas peur de glisser du moment que celui qui regarde sait d&rsquo;o\u00f9 je viens. C\u2019est une chose \u00e0 laquelle je pense souvent.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<h4>Wim Broekman.<\/h4>\n<p>The Photographer | Pays-Bas, Belgique | Journal sp\u00e9cialis\u00e9 de photographie professionnelle | D\u00e9cembre 2004<\/p>\n<a href=\"https:\/\/www.robsweebe.com\/publicity\/\" target=\"_self\" class=\"button primary\"  >\n    <span>Retourner<\/span>\n  <\/a>\n\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\n\t\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LE COUP DE PINCEAU MANQUANT<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.robsweebe.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2219\/"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.robsweebe.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.robsweebe.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page\/"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.robsweebe.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2\/"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.robsweebe.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments\/?post=2219"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.robsweebe.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2219\/revisions\/"}],"predecessor-version":[{"id":4771,"href":"https:\/\/www.robsweebe.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2219\/revisions\/4771\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.robsweebe.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/?parent=2219"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}